Samedi 24 janvier 2009
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17:50
Je l'ai appris tout à l'heure de la Jeanne qui fermait tout, portail, portes et volets, par peur de la tempête. Allez savoir pourquoi, elle pense, la rusée, me faire plaisir en me passant la
nouvelle. Dans le village, il y a un type qui a appelé son chien "Sarko". Il aime son chien et c'est un représentant des conservateurs champêtres pur jus, ancrés ici depuis Pétain au
moins, peut-être depuis Vercingétorix, comme tout ce versant des collines. La Jeanne soigne ses effets et en remet un peu. C'est étrange comme ici il y a tant d'acteurs-nés, pas doués pour la mise
en scène, mais de grand talent dans la pantomine. Elle est perclue de rhumatismes, mais ses gestes esquissés, ses mimiques plairaient à un metteur en scène minimaliste. Une vidéo ne pourrait
en rendre compte. Faute de mieux, je recopie ses tirades, imitées de Jean-Marie, le maître de "Sarko", Gargantua par la taille, ventripotent comme Obélix, et conseiller municipal "sans
étiquette", soit droite plutôt dure limite FN ,- ça me rappelle les "Sans parti" de la ci-devant Europe de l'Est.
La Jeanne se baisse autant qu'elle peut et fait celle qui agite une écuelle:" Viens manger ta pâtée, mon petit Sarko. Viens. N'aie pas peur". La Jeanne esquisse un mouvement de recul, poussant
à l'arrière tout son buste, levant les bras à mi-hauteur: "Allons, allons. Mon bon SarKo. On se calme, mon gros jaloux !". L'index en avant, roulant les yeux:" Sarko, cesse de montrer tes
dents sur la route. On sait bien que tu n'es pas aussi méchant que ça ". Entre chaque séquence, la Jeanne a affecté deux minutes de se tenir les côtes. Maintenant, elle virevolte presque
sur place dans ses jupes et ses fichus, comme une Andalouse. Puis, un petit geste élégant de la main, elle s'esquive, joyeuse de son effet. "C'est pas tout de ça, Monsieur. Mais, je
n'ai pas pansé mes lapins. Dans une demie-heure, je me cloître dans la cuisine. Je vous souhaite une bonne soirée".
Par antoine henri-fournier
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